Il faut qu’on parle de Sandra Dee.

J’ai toujours aimé cette chanson. Look at me, I’m Sandra Dee. C’est drôle, c’est catchy. C’est un classique.

Dans ma jeunesse, on m’a offert la meilleure chose. Une VHS de Grease en version originale. Je me suis toujours identifiée à Sandy. Pas que j’étais une cheerleader, pas que j’aie été particulièrement jolie.
(Personne n’est joli comme ça. C’est à peine humain. Ça fait presque mal.)

Je me suis identifiée à la jeune fille sage. La longue jaquette bleue. Hopelessly devoted.

Et pourtant, on ne nous laisse pas grande marge d’affection pour la pauvre Sandy.

Malgré ça, je savais déjà que je serais une Sandra Dee. Pas très audacieuse, pas très spontanée, pas trop wild. Trop peu de plaisir pour les Pink Ladies. Jusqu’à ce qu’on leur donne le feu vert pour un makeover.

Mais, il arrive quoi si Sandy veut rien savoir du makeover?

Il arrive quoi quand Sandra Dee essaie de porter du cuir pis que l’attitude vient pas avec? Il arrive quoi quand elle est pas up to the challenge? Bin, ça crée de la déception.
Chez tout le monde, bizarrement.

Tout le monde avait assumé qu’elle avait ça en elle. Inner badass.
Mais non. Scuse.

Es-fucking-scuse.

Hier j’expliquais à une Fred que j’arrivais pas tant à gérer les différentes personnalités que je dois avoir dans la même journée.
C’est difficile, dans la même journée, d’être une collègue solide, une employée polie et courtoise, une négociatrice ferme avec mes patrons, une animatrice docile et disponible.

Avec juste ça, je mélange mes cartes. Imagine.
Imagine si par-dessus ça, en soirée, je dois virer tous mes atouts de bord et devenir une partenaire pleine d’attitude, de rouge à lèvre très rouge et de cuir.
Je dois trouver ça où, cette inspiration-là?

Je sais que certaines femmes réussissent avec grâce. Et sans efforts.

Mais je vois pas ça arriver avec moi.

En fait, oui.

Mais lentement. Avec de la transition et de l’apprentissage et la bonne personne et autre chose qu’un makeover et une awesome chanson.

J’ai aussi un problème avec le fait qu’on assume trop souvent que les Sandra Dee, elles sont pleines de surprises.
Qu’elles sont sûrement sexy et animales.
Que toute cette réserve-là, ça doit être un front.

Ou pas, que je me dis.

Si tu choisis d’aller en vacances en Alaska, attends toi pas à trouver une plage entre deux glaciers, mon grand. Y’a des bonnes chances qu’il y ait exactement ce que le dépliant promettait.

Si tu trouves une plage, bin réjouis-toi! Sois surpris et reconnaissant.
Remercie le Ciel. Ou le réchauffement climatique.

Si tu choisis une Sandra Dee, sois donc pas déçu si elle est une Sandra Dee. Parce que c’est un peu ce que le dépliant promettait, man.

Je peux pas parler pour toutes les Sandra Dee.

Mais cette Sandra Dee n’a jamais fonctionné avec des pas game.
Que tu sois déçu, ça ne la rendra pas wild.
Que tu sois déçu, ça la fâche. Contre elle plus que contre toi, en plus.

Je continue à penser qu’une Sandra Dee, c’est pas décevant de nature.
Et ça peut clairement être surprenant, si t’as pas d’attentes démesurées.
Si t’es pas déçu avant le temps.

Après tout, le cuir et le rouge à lèvre, c’était son idée à elle, non?

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