Un long titre, un peu le plus long post de l’Histoire. (Ah, pis moi qui veux vous convaincre de lire ou d’écouter des affaires. En tout cas.)

En général, je suis convaincue de peu de choses. J’ai rarement une opinion, quand j’en ai une, elle est plutôt flexible.
À moins que ça concerne les gens qui sifflent. #JusteNon.
Mais j’ai la ferme conviction que le moment où on choisit de lire un livre, de regarder un film ou d’écouter un album est EXTRA déterminant dans notre appréciation des choses.

Il y a un bon et un mauvais moment pour recevoir un oeuvre.
C’est une des raisons qui font que je préfère acheter des livres que les emprunter dans les bibliothèques.
(Oui, même ceux que je n’ai pas encore lu.)
Ça et le fait que j’aime un livre avec du vécu, un j’ai-passé-trois-semaines-dans-ton-crasseux-sac-à-main genre de vécu.
Je vis en même temps que mon livre.
L’objet qu’est mon livre, mais aussi les personnages. Et les lieux. Ils me suivent partout.
Ils font ce que je fais. Et je fais ce qu’ils font. Dans ma tête, là.

Bref, j’imposerai jamais ça à une bibliothèque. Good Lord, as-tu vu mon sac à main?
Mais j’aime avoir acheté mon livre parce que si je suis restée peu impressionnée…
(Soyons vrais, ici, je suis TOUJOURS impressionnée. Écrire un livre, c’est juste fou. Pis difficile. Pis ça prend du commitment, pis de l’humilité pis de la non-stop créativité. GOSH c’est impressionnant.)

…Si je suis peu impressionnée, donc. Ou pas certaine d’avoir aimé ça. Je sais que  je n’étais pas prête.

Je n’excluerai JAMAIS une oeuvre de cette petite théorie.
Je peux ne pas avoir aimé quelque chose. Bien sûr.
Je suis en mesure de dire ce que j’ai apprécié, ou pas.
Mais je suis fermement convaincue que, dans un aure moment de la vie, j’aurais été en mesure d’apprécier.

Vous comprenez?

Comme les skinny jeans.
En 2001, c’était juste non.
Maintenant, parlez-moi de pattes d’éléphant et je ris. Fort.
Mais, contrairement aux pantalons, il y aura pas nécessairement des boutiques qui vont remplir leurs vitrines avec des livres d’il y a 3 ans juste pour nous rappeler que c’était bon. Mais ILS SONT ENCORE SI BONS, TU VOIS?

C’est simple. Il y a des moments dans la vie où on est juste prêt pour une oeuvre. D’autres pas.

Exemple: En partant pour le Mexique en avril 2010(ish?), je me suis arrêté dans un magasin de l’aéroport où on pouvait acheter des livres (Duty free!). J’ai donc acheté une petite quantité de livres que je souhaitais lire en brûlant ma peau à la Riviera Maya. J’ai choisi comme je choisis toujours: je regarde les pochettes, je lis 2-3 mots sur le quatrième de couverture et je choisis ça: BAM! Parce que trop lire, ça fait changer d’avis. Et la première impression, c’est awesome.

Liste des livres que j’ai acheté impulsivement pour la Riviera Maya:

Les Trois Mousquetaires, Alexandre Dumas
An Education, Screenplay from the Motion Picture, Nick Hornby
I don’t Care About Your Band, Julie Klausner

J’ai lu les Trois Mousquetaires. J’étais bin surprise que ce soit pas édifiant pis deep. J’avais un peu oublié que c’était sensé être super drôle. Entoutcas.
J’ai lu An Education. J’ai comme un peu genre aimé ça. Mais pas tant.
J’ai lu I don’t Care About Your Band pis c’était malade. J’avais besoin de lire quelqu’un me parler de mauvaises date, d’expériences sexuelles weird et de le faire sur un ton complètement irrévérencieux.

J’avais besoin de ça. Mais je le savais pas au moment de le choisir sur la tablette. Je l’ai su pendant.

Quelques mois après, je choisis un livre à la bibliothèque de Farnham (budget oblige, je ferai attention aux livres, promis-promis). Comme d’habitude. Une pochette qui me parle, pas besoin de lire autre chose que le titre.

Un roman qui tombe à point. Qui parle de changer sa vie, de vieillir, de faire des choix. D’échouer, de recommencer et de réaliser des trucs important. Avec comme trame sonore un album inédit d’un musicien légendaire.
Un roman qui s’appelle Juliet, naked. De l’auteur Nick Hornby. Ça vous rappelle quelque chose?
Moi, à ce moment-là, zéro.

J’ai une révélation après Juliet, naked. Nick Hornby est awesome.
Je le google. Il a écrit About a Boy. (omg!) Et High Fidelity. (HIGH FUCKING FIDELITY.) Good Lord. Je veux tous ses romans, et je les veux hier, que je me suis dit.

En quelques mois, je les avais tous lus et presque tous achetés, jusqu’à ce que, en faisant du ménage dans mes trucs, je trouve quoi? An Education, screenplay from the Motion Picture par NICK HORNBY.

Sabrina du passé: win!

Je l’ai relu et, vous savez quoi? J’ai tout compris et c’était parfait.
Parce que j’étais que trop prête, you guys.

Plus long exemple de l’Histoire? Peut-être.

Mais tout ça pour dire qu’il y a des bons et des mauvais moments pour recevoir une oeuvre. Et que ça vaut la peine de laisser une chance aux choses qu’on a détesté il y a 2-3-25 ans. Parce qu’on a changé and stuff.

Mais aussi tout ça pour dire que les critiques, c’est un peu de la crap des fois.
Et ça, c’est la deuxième partie de cet interminable* article.

*Ne vous méprenez pas, j’ai beaucoup de fun à écrire ça. Je sens que pour vous c’est peut-être interminable et qu’il y a des trop longues phrases ou trop de ponctuation ou pas assez mais anyway, vous êtes là pour lire, non?

 

Les critiques c’est un peu de la crap, donc.

C’est un peu de la crap, je trouve. Pourquoi? Parce que.

Les critiques font du bon travail. J’adore les critiques. Ils ont tellement pas le droit d’être comme moi, avec les opinions flexibles et les convictions molles.

Mais à cause de mes opinions flexibles et influençables, justement, je trouve que quand je les lis, ça gosse.

Parce que ça trouble mon jugement.
J’aime choisir un film obscur sur Netflix en me fiant à la photo et au titre. Parce que ça pourrait tout aussi bien être un chef d’oeuvre qu’être la dernière des mardes. Mais ça changera rien si, au moment de mon choix, j’avais besoin d’une histoire simplette de deux amies de filles et de leurs déboires amoureux. Je vais crier au génie devant la scène où elles dansent autour de l’ilot de la cuisine en renversant du vin et en imitant Rocky.

(J’invente à mesure, là. Mais on dirait que j’ai une émotion quand même.)

Again, soyons vrais. Je suis JAMAIS la personne à qui quelqu’un demande : hey, as-tu vu ce film-là? C’était malade.

Je suis CONSTAMMENT la personne qui conseille des films. Et c’est juste fou. Ça me rend heureuse de proposer un film a quelqu’un. Un film qui pourrait CHANGER SA VIE, MAN.

Mes amis savent et, heureusement, sont awesome. Ils écoutent jusqu’à ce que j’aie terminé de leur dire, en infinis détails, la qualité de cette scène d’Almost Famous. Ou à quel point Jean-Marc Vallée a compris. Ou comment, tout ce temps-là, on a complètement sous-estimé Miles Teller.

Quand je conseille un livre ou un film, j’essaie maladroitement de contenir mon enthousiasme. C’est souvent plus des faces et des sons et ce qui ressemble à des adjectifs. J’essaie surtout de ne pas faire de l’overselling.

Mais ça marche jamais.

Parce que je pense au moment où j’étais si prête pour tel film ou tel roman. Et c’était juste merveilleux. C’est dur de partager ça en restant cohérent.

Mais je voudrais que quelqu’un se sente si intense à propos de quelque chose, qu’il trouve pas pentoute les mots pour le dire. Je veux me faire résumer un film par un seul geste de tête qui explose. Et me dire ça sonne comme quelque chose que je veux voir.

Pis si j’hais ça, bin je réessayerai dans 6 mois. Pis je vais t’envoyer le texto suivant:

*Tête qui explose*.

Et ça va être fou.

TOUT ÇA POUR DIRE QUE.

Sur ce blogue.

Si j’essayais de créer des sortes de « critiques ».
Si j’essayais, avec autre chose que des sons et des faces, de vous faire aimer quelque chose?

Si je vous faisais une liste des raisons pour lesquelles j’ai, personnellement-sans-aucune-objectivité, aimé tel livre? Ou telle autre affaire?

Ce serait intéressant, peut-être?

Aimeriez-vous ça?

Ou pas, tsé?

 

(Je vais peut-être le faire anyway, Tu vas peut-être aimer ça juste dans 6 mois. )

 

 

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Une réflexion sur “Un long titre, un peu le plus long post de l’Histoire. (Ah, pis moi qui veux vous convaincre de lire ou d’écouter des affaires. En tout cas.)

  1. ouiiii! moi je veus bien lire ca! tu as une super plume.. faut pas oublier aussi que parfois on manque le rendez-vous avec une oeuvre par en arriere… ( ok genre j’aurais du lire cette merde il y a 5 ans genre, j’aurais aimé…) Lache pas Sabrina, tu écris bien et c’est peut etre ta voie…

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