Perdre le contrôle: update sur les troubles anxieux.

Je sais que j’ai déjà écrit un article sur le même sujet qui s’appelait Je ne connais rien. Ma situation n’est pas si différente de la dernière fois où j’ai écrit. C’est redondant, je sais. Mais, que veux-tu. Quand j’aurais autre chose à dire, il y aura autre chose. En attendant, au pire, lis pas? OKAYBYE.
Il y a des situations, parfois, qui me font réagir.
En fait, non.
Des situations qui font réagir mon corps. Et mon cerveau.
Parfois, c’est cocasse.
Je ne peux pas t’entendre mâcher, faque je crie. Je fais semblant de te frapper avec le journal. Ha Ha.
Parfois, c’est plutôt inconfortable.
Je ne peux pas t’entendre siffler. Mes oreilles refusent ta chanson violemment, en me traduisant ta mélodie comme des ongles sur un tableau.
Mais toi, t’es juste heureux. Tu fais rien de mal. À part me donner envie de me sauver, faute de meilleures solutions.
Mais, des fois, c’est beaucoup plus.
Je ne peux pas te sentir proche de moi. Je ne peux pas rester là en sachat que tu es debout derrière moi, et que tu ne partiras pas dans la minute.
Je ne peux pas vous entendre parler fort autour de moi comme si j’étais pas là. Parler entre vous, vraiment fort, pendant que j’essaie de parler aussi.
Je ne peux pas être avec deux ou plusieurs personnes dans un petit espace.
Et c’est pas l’espace, le problème.
J’aime le petit espace.
Le petit espace, c’est la vie. Il ne me dérange pas. Il ne fait pas de bruit. Il me permet de rester là, sans me faire déranger.
Le problème, c’est quand tu penses qu’il y a de la place pour toi aussi.
Il n’y a pas de place pour toi. Parce qu’il y a moi pis tout le vide dont j’ai besoin pour fonctionner.
Pis ça, ça remplit l’espace.
C’est pas tous les jours pareils. Parfois je vais chercher la compagnie des gens que j’aime.
Parfois, je vais vouloir relever le défi d’un meeting important.
Des fois, je vais être très efficace dans une situation difficile, je vais agir vite et avec précision.
Mais à l’inverse, il y a des jours où non. Juste non.
On m’a expliqué que c’était une situation commune chez les personnes anxieuses.
Tous les cerveaux sont prêts à agir en cas de crise.
Tous les cerveaux sont de spongieux détecteurs de fumée, envoyant des alarmes puissantes en cas d’icendie.
Mon cerveau voit des feux à beaucoup d’endroit.
Mon cerveau, c’est le petit gars qui crie au loup, pis qui se trouve drôle.
Mais mon corps, lui, il le croit.
Toutes les fois.
Parce qu’il est bin crédible, le cerveau.
Top dog, le cerveau. Il a toujours été sharp avant. Je vois pas pourquoi on commencerait à douter de lui maintenant.
Alors, quand mon cerveau capote et que mon corps suit la parade, ça donne quelque chose d’assez excellent.
Je perds  le contrôle.
Mes muscles sont tendus, mon pouls accélère. J’ai la respiration courte.
Parfois, ça s’arrête à ça, je peux contenir le reste en respirant profondément et en me disant: « c’est quoi le pire qui peut arriver? »
Mais ça peut aussi évoluer.
Je me mets rapidement à pleurer. (Apparemment, mon corps croit que pleurer, c’est la solution universelle à tous mes problèmes. #not.)
Je peux aussi trembler et hyperventiler.
Quelque chose d’assez excellent, je disais.
Comme le système n’était pas efficace (et, you know, l’efficacité over toute), je suis allée chercher de l’aide.
J’ai lu, j’ai écouté, j’ai parlé, aussi.
On a remarqué que, chez moi, il y avait deux côtés opposés très forts.
Ma sensibilité, cette partie de moi qui me permet de créer des trucs nice, de réagir adéquatement lors de situations délicates, d’agir avec empathie et, accessoirement, de pleurer souvent.
Ma rationnalité, l’autre moitié. Celle qui ne se gêne pas pour rappeller à ma sensibilité que c’est twit de réagir de même. Qu’il y en a pas de fucking feu. Arrête de sonner des alarmes, drama queen.
Évidemment, les deux parties de mon cerveau qui se mènent la guerre n’aident pas à la cause. (assholes.)
Je ne sais pas si cet article est intéressant pour toi. C’est un peu étrange comme texte, et personne ne m’a demandé d’expliquer en long et en large mon processus de réflexion sur mon expérience personnelle avec les troubles anxieux.
Mais comprendre ce qui se passe dans mon organisme est important si je veux réussir à mieux gérer le truc.
Et écrire, ça aide, tu vois.
C’est important aussi, parce que, ces petites crises que je fais, arrivent régulièrement devant d’autres personnes.
C’est embarassant de perdre le contrôle. Ça l’est encore plus si les gens autour ne comprennent pas pourquoi.
Dans un milieu de travail comme le mien, les rumeurs vont vite, les couteaux volent bas et ça chuchote big time.
Je n’ai pas besoin que les gens se demandent si Sabrina est en dépression. Si elle pleure pour avoir ce qu’elle veut. Pour attirer l’attention ou pour se rendre intéressante.
Je veux qu’on n’accuse personne de m’avoir fait de la peine ou de m’avoir rendu la tâche difficile.
Je ne veux surtout pas que les personnes avec qui je suis quand ça arrive croient qu’il ont quoi que ce soit à se reprocher.

Crois-moi quand je te dis que ça arrive pendant des tâches assez banales que je sais comment gèrer depuis des années.
Je n’ai pas besoin de vacances, je n’ai pas besoin de meds, je n’ai pas besoin de tes câlins (pour l’amour du ciel, touche moi pas t’es pas ma mère).

J’ai besoin de temps pour améliorer ma condition. Pour savoir mieux la connaître et la gèrer.
Pis, apparemment, j’avais besoin d’écrire ça.
Publicités

Une réflexion sur “Perdre le contrôle: update sur les troubles anxieux.

  1. Prends tout le temps que tu as besoins pour t’améliorer et faire de toi la Sabrina qui te rendra heureuse! C’est un peu le lot de chacuns tu sais et le travail d’une vie pour la pluspart d’entre nous. Moi au travail, j’ai jamais vu les couteaux voller bas a ton sujet… Mais je suis pas le plus sensible des observateurs. C’est peut etre pour ça que tu réussis a améliorer ces anecdotes que tu nous décris si bien et a leur donner une saveure si intéressante! bon assez pour moi Aur’voir

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s