Des fois, je dessine. Jours 6 et 7.

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Pour les jours 6 et 7, on s’inspire des soupers de filles!

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Des fois, je dessine. Jour 1

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Cette semaine, on m’a encouragé à participer au défi Une page par jour pendant une semaine.
Et par ‘on’, je veux dire un étudiant au Barreau/talentueux bédéiste qui s’est donné le défi de produire une page de BD par jour pendant toute l’école du Barreau.

Malade.

Je vais donc m’en inspirer, tenter de me discipliner un brin et de dessiner une planche/case/strip par jour, jusqu’à vendredi.

Ce lundi, j’ai exploité la moustache que je préfère dans « Vivre avec mon père, des fois. »

Pour visiter le Tumblr et voir les super-projets des participants, c’est ici.
Pour savoir c’est qui le génie qui m’a parlé de ça, c’est ici

Ce que j’ai le droit de faire pis ce qui vient avec.

J'ai le droit d'avoir des draps pas assortis et un lit pas fait tous les matins.

J’ai le droit d’avoir des draps pas assortis et un lit pas fait tous les matins.

Y’a les choses qu’on n’a pas le droit de faire.
Parce qu’on a signé une entente. Ou parce que, tsé, les lois.

Y’a les choses qu’on a le droit de faire.

Pis entre les deux, y’a des choix.
Pis entre les deux, y’a moi, qui se pose des questions.

J’ai testé un peu les limites de mes droits cette semaine. En petite rebelle non-assumée.
J’ai porté des jeans sur mon lieu de travail (ouin). J’ai magasiné en ligne sur mes heures de travail. (#sorrynotsorry)
J’ai même cherché un nouvel emploi pendant les heures payées de mon actuel emploi. (Rebel, Rebel)

Ma boss La rumeur dit que je suis une personne nerveuse.
Elle dit vrai. Particulièrement dans des situations où je ne me sens pas à l’aise.
Je suis jamais à l’aise quand j’arrête de suivre les règles.
(C’était un gros problème pendant mon bacc en Arts, btw. L’UQAM a jamais été prête pour ça, une étudiante docile.)
C’est une des raisons pour laquelle j’établis des règles.
J’établis des règles et je les suis. Et ça s’arrête là.

Étrangement, aujourd’hui, c’est les choses que j’ai le droit de faire qui me rendent nerveuse.

Parce que j’ai grandi et gradué pis toute.
J’ai le droit de faire beaucoup de choses.

J’ai le droit de prendre Tercel et de partir sans avertir.
J’ai le droit d’aller voir des films toute seule au milieu de l’après-midi. Avec les personnes âgées et les jeunes parents.
J’ai le droit de rêver en anglais et de me réveiller avec un accent.
J’ai le droit de manger de la tarte pour déjeuner.

Y’aura personne pour me dire d’appeler si je découche. Ni pour me dire que je vais perdre mon français. Ou que la tarte, c’est un dessert. (Quand, en fait, c’est pas tellement pire qu’une crêpe bananes-chocolat. En tout cas.)
Y’aura personne pour me dire ça.
À part moi.

J’ai le droit de prendre mon temps pour faire les choses.
D’abuser du mot « chose » et de me réfugier dans la ponctuation.
Parce qu’un paquet de virgules, c’est plus rassurant que tu penses.
J’ai le droit de penser que j’ai le droit de voir ce que je veux voir, faire ce que je veux faire et toucher ce que je veux toucher.

Pis y’aura personne pour me dire que j’ai pas le droit de prendre Tercel, de partir sans avertir pour aller regarder où je veux regarder et vouloir ce que je veux.
Pis y’aura personne pour me dire d’appeler si je découche.

Personne sauf moi.

La journée qui n’avait rien compris.

Un chapeau de journaux pour semer la confusion dans ma journée. Why not.

Ma journée a rien compris. Rien de rien. C’était une journée de pas.
C’était une journée de pas de déjeuner. De pas mon horaire habituel.

Mais c’était une journée de.
Une journée de ma chemise rouge. De travail adéquat. De mon nouveau sac à main.

Parce que, parfois, y’a rien de mieux qu’un nouveau sac à main. Ça permet de prendre toutes les crap de notre vie ancien sac, de les organiser dans des nouvelles pochettes. Ça nous donne l’impression qu’on est adultes et organisées. En tout cas.

Ma journée, c’était une journée de ça.

Okay.

Ma journée a donné à mes cheveux un matin extraordinaire, léger et frisé de la veille. Et un après-midi gras et particulièrement lourd. DANS LA MÊME JOURNÉE.

Mais, c’était aussi une journée de bottes disparues. De retourner chez moi en ballerines, pieds nus.
Une autre journée de moi qui se fracasse les tibias dans les marches d’escalier, les mains dans la glace pis les larmes frustrées. Parce que des ballerines, ça te permet pas de monter les marches en courant.
Pas sur la glace, comme.

C’était une journée d’endless formation, de parfums de matante trop allergènes.
C’était une journée de blagues de paquets pis de nouvelle fraternité dans la salle de pause.
C’était une journée pour se faire reprocher des choses qu’on ne contrôle même pas par des gens qui savent même pas de quoi ils parlent. Une journée pour blâmer les humains again.

C’est une journée de moi qui pleure devant En direct de l’Univers. Un peu parce que Patrice Roy est espiègle, un peu parce que tout était beau pis aussi parce que ma journée pis aussi parce que j’ai le droit.

Ma journée a rien compris. Elle était pas sûre.
Pas sûre d’être bonne. Ou mauvaise.
Elle était pas branchée.
Elle ne m’a pas donné le temps de faire ce que je voulais. Elle m’a pas donné les réponses que je voulais. Elle m’a pas donné ce que je voulais, ma journée.

(Ce que je voulais, c’était pas un nouveau sac à main. Même si oui.)

Elle m’a quand même surpris ma journée. Elle m’a donné des trucs que j’attendais pas, pis c’est correct.

Mais quand même.
On est assez proches elle pis moi.

Elle aurait dû le savoir. Elle a rien compris.

image via ici.

Ce que je veux dire quand je parle d’Anticipation.

resolutionLe temps des fêtes est fini. Plus ou moins.
Il reste un peu de films dans la programmation régulière de la télé. Il reste beaucoup un peu de restants. I
l reste un peu de congés et les étrangers se souhaitent encore bonne année.

Le temps des fêtes est un peu fini, donc.
Et c’est l’heure du bilan.
Certains parleront de résolutions. D’autres se souviendront des bonnes choses que 2014 leur a apporté.

De mon côté, assise en indien, je pense à l’anticipation.

Le temps des fêtes, c’est un peu le moment de gloire de l’anticipation.
Le festival d’avoir hâte.

Y’a tout le build-up depuis novembre octobre.
Qu’on soit vraiment pro-Noël, qu’on cultive activement notre haine chaque année quand les journées deviennent courtes, ça importe moyen.
Les magasins ont hâte. Les radios ont hâte. Les enfants ont définitivement hâte.

Même si t’es dans la team amère, voir ta soeur déballer le cadeau que tu lui as choisi, c’est un beau moment. Faque t’as hâte un peu.

Pis y’a le jour de l’an qui, lui, nous apporte un tout nouveau format d’anticipation.
Une nouvelle échelle surnaturelle d’anticipation.

On passe la soirée à se remémorer l’année qui se termine.
Qu’on adopte la Grande Nostalgie ou le Bon Débarras, on en parle.
On regarde des photos. On se remercie, se félicite, s’encourage.

Pis on attend la prochaine.

Et, dans l’espace d’un décompte à partir de 10, on se met à anticiper.
10 secondes où tu te mets un peu à croire que 2015 sera synonyme de changements, de bonheur, de renouveau! On a dont bin hâte!

Et quand le BONNE ANNÉE arrive, on s’embrasse un peu et on se reprend du champagne et on se dit qu’on fera ses changements-là demain.

On nous offre littéralement 10 secondes pour espérer un an.

C’est beaucoup de pression.

Parce qu’il faut savoir une chose.

L’Anticipation, chez moi, ça se déplace en équipe.
La Pression vient avec. Collée à son bras comme une overattached girlfriend.

Dès que tu te mets à anticiper, à faire des hypothèses, à essayer de prévoir. À avoir hâte, aussi.
Le Doute se pointe un peu, non?
Moyennement invité, il se pointe anyways, avec une face pas trop repentante.
Il a d’affaire-là un peu. Peut pas se permettre de le mettre à la porte, le pauvre.

Mais le Doute, devant l’Anticipation et la Pression, il se met à prendre toute la place.
Il rit fort et entonne des chansons à répondre. Y’a pu d’air pour personne. Même pour moi.

Mais avoir hâte, anticiper, faire des hypothèses pis des plans pis d’autres hypothèses pis des suppositions pis overanalyser pis faire des trop longues phrases.
Ça arrive toute l’année durant.
Et c’est une bonne chose.

C’est du bon stress, que je disais à ma collègue, l’autre jour.
Je sais que mon système nerveux transforme ça en cauchemar.
Mais il a pas compris que c’est bon.

Et je pense que moi non plus, j’ai pas compris.

Un party rempli d’inconnus? Une entrevue? Une date? Mon cerveau m’envoie des signaux d’alerte. Sirènes et gyrophares pis envoye donc.

Si je connais personne, je fais quoi? J’ai rien à dire. Ils me connaissent pas. Je suis pas à la hauteur pour l’entrevue. J’aurais eu besoin de plus de préparation. C’est quoi mon pire défaut, calvaire? Est-ce que mon outfit est approprié? Est-ce que je parle trop? Est-ce que c’est vraiment une date? Est-ce que j’ai de quoi entre les dents?

Mon corps connaît ça, l’anticipation. Il a des attentes.
Il attends pas trop patiemment que je me plante, que j’hyperventile et que je pleure.

Mais comme moi, il a rien compris.

Anticiper. Avoir hâte. Faire des hypothèses. Faire des plans. Faire des pro/con lists. Faire d’autres sortes de listes. Répéter des scénarios. Analyser chaque syllabe d’un message texte. Chanter des chansons à répondre avec le Doute pis faire des trop longues phrases.

C’est bon.
C’est signe qu’il se passe quelque chose.

Et je commençais juste à avoir hâte que quelque chose se passe.

Les fatigues au pluriel.

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Y’a plusieurs évènements dans la vie qui provoquent des réactions chez moi. Des réactions physiques souvent inattendues, mais comprises et maitrisées.
Récemment, j’ai compris et maitrisé moyen.

C’est une surprise pour personne chez Sears que je pleure sous pression. Que je ronge mes ongles et me gratte le cou sans relâche à certains moments.
C’est un classique. Une surprise pour personne, je disais.

Ce que je n’attendais pas, parcontre, c’est la fatigue. Les différentes sortes de fatigue.
Les fatigues au pluriel.

La fatigue premier niveau. On baille, on rit pour rien. On se couche plus tôt et on se lève plus tard.

L’autre niveau de fatigue. Notre corps est plus lourd, on s’essouffle rapidement. On a chaud et on a froid et le café/sucre ne suffit plus désormais.

Le niveau de fatigue du Noël au magasin. Sourire nous demande l’équivalent musculaire de monter nos marches avec tous nos sacs d’épicerie. Y’a aucune délicatesse dans la façon dont on répond au téléphone. Un code barre qui scan pas, ça peut faire mal en dedans.

Le niveau de fatigue atteint la semaine dernière. Le 15 minutes de pause de la collègue cause un énorme sentiment d’abandon. On développe une crainte constante de l’équipe de direction.
Pour aucune. Bonne. Raison.
Avoir à expliquer au 76e client comment l’état de compte de leur carte de crédit fonctionne devient l’élément déclencheur d’une crise de larmes plus intense que lors du décès d’un proche.

Je sais que tous les travailleurs connaissent ces niveaux de fatigue. Mais je pense sincèrement que ceux et celles qui, tous les jours, ont à traiter avec des humains pressés, mécontents et condescendants en connaissent un niveau particulier. Derrière les comptoirs et les combinés de téléphone, aux cabines d’essayage et aux quais de livraison, il y a beaucoup de gens qui connaissent ce type particulier de fatigue. Celui qui nous pousse soit à se lancer dans d’interminables monologues qui condamnent l’humanité entière ou à se plonger dans une toute aussi interminable période de silence.
Parce que parler aux gens, c’est devenu trop d’effort.
Et ça, c’est en saison régulière. Noël est pas encore arrivé.

Mais la fatigue en soi, c’est pas ça le plus grand problème.
Le pire du pire de chez pire, c’est que j’ai connu plus grande fatigue.
J’ai fait mon 4 ans d’université. Je travaillais tout le long. Je voyageais. Et les stages et les 5 à 7 et les colocs qu’on veut voir et ceux qu’on veut pas voir et les projets en sideline et les devoirs et ohmygod j’ai vu pire.

Ma fatigue n’est pas justifiée.

Ma job n’est pas une job temps plein. Je n’ai ni cours, ni devoir. Ni enfants, ni conjoint à qui donner de l’affection et du temps. Je n’ai pas le droit de me plaindre ni le droit d’être aussi fatiguée.

Je sais que j’ai choisi ma fatigue. J’ai choisi de travailler où je travaille quand j’ai mis mon CV sur la glace et que j’ai laissé tomber le projet. À chaque once de fatigue s’accroche une bonne dose de regrets, je suppose. Pis si je veux être un peu dramatique, je dirais peut-être un peu d’espoir.
Ça pèse plus lourd sur mon système nerveux et ça le fatigue.

C’est ce qui me fait dire faque.

Faque je suis fatiguée. Et je comprends pas ma fatigue et je la juge. Avant même que d’autres le fassent.

On va se rendre à Noël en même temps que tout le monde, inquiète-toi pas.
La langue à terre, le dos barré, la queue entre les jambes et l’égo en dessous des semelles.

Inquiète-toi pas avec ça, qu’on m’a dit.

Adorable image via ici.